Partenariat public-privé (PPP)

Le gouvernement congolais signe un contrat de bail emphytéotique avec la société FNC pour exploiter la Réserve foncière de la Léfini
03 Nov, 2020

Trois ministres représentant le gouvernement congolais (à savoir : Calixte Nganongo, en charge des Finances et du Budget ; Rosalie Matondo, de l’Economie forestière ; et Pierre Mabiala, des Affaires foncières, du domaine public et des relations avec le Parlement) ont signé un contrat de bail emphytéotique avec la société Forest Neutral Congo (FNC), représentée  par son Directeur général, Bernard Cassagne. La cérémonie a eu lieu mardi 3 novembre 2020 dans la grande salle du Ministère des Finances, à Brazzaville.  

 

Ce contrat  de bail emphytéotique porte sur l’exploitation de la Réserve foncière de la Léfini (dans le Département des Plateaux), d’une superficie de 70.089 hectares 30 ares 46 centiares, pour une durée de 60 ans. Ce nouveau périmètre fera l’objet des plantations d’acacias et de cultures de manioc par la société FNC. Faisant partie du domaine privé de l’Etat, il est limité au Nord par Ngo, au sud par la Léfini, à l’Est par Mpouya et à l’Ouest par l’axe routier Léfini-Ngo. 

 

Selon Christophe Bienvenu Babela , Conseiller administratif et juridique de Madame la ministre Rosalie Matondo, qui a fait la présentation du contrat, « FNC prévoit, dans cette exploitation de la réserve,  l’installation d’une centrale de cogénération de 2,5 MW ; la mise en place d’une usine de déroulage et d’une usine de sciage du bois issu des plantations, pour alimenter Brazzaville en contreplaqués(32 000 mètres cubes par  an) et en bois sciés (40.000 mètres cubes par an) ; la mise en place d’un périmètre agro- forestier à rotation de 9 ans et à forte intensité de main-d’œuvre, avec un rythme d’installation de 250 hectares par an ; la création d’un puits de carbone négatif, en partenariat avec Total Based Nature Solution ( TNBS), une filiale du Groupe pétrolier TOTAL, dans le cadre de sa Responsabilité sociétale et environnementale(RSE) ». 

 

Pour la Ministre Rosalie Matondo, le Congo tirera beaucoup d’avantages de ce contrat de bail qui s’inscrit dans le cadre du Partenariat public-privé. Notamment, en termes d’emplois (dans les plantations d’acacias et de manioc, ainsi que dans les usines de transformation des bois), mais aussi en termes de diversification de l’Economie nationale et d’émergence de l’Economie verte. Ajouter à cela le loyer que versera la société FNC chaque année à l’Etat propriétaire des terres, ainsi que le crédit-carbone issu des forêts d’acacias pour lutter contre le changement climatique, grâce à l’appui financier à ce Projet de la Société pétrolière Total, à travers sa filiale  TNBS.  

 

L’intérêt  du Projet, selon le DG Bernard Cassagne

 

Sur les 70.000 ha, FNC a l’ambition de valoriser 50.000 ha, à partir des plantations dont l’objectif numéro-un est la création d’un puits de carbone naturel, destiné à l’émission de crédit de carbone CO2. Toutes les zones à protéger le seront. Une partie sera préservée, en tant que surface de forêts-reliques, c’est-à-dire, les témoins de la surface de ces forêts telles qu’elles sont au moment de l’entrée en vigueur du Projet. Le programme de ces plantations s’étendra sur 10 ans. Une grosse partie représentera un puits de carbone naturel qui va, à terme, alimenter l’industrie locale de bois des plantations, dont l’exploitation va commencer au terme de la 20 ème année, avec une industrie qui sera créée, spécialisée dans le bois des plantations, pour la satisfaction, à la fois, des besoins locaux à partir du déroulage de l’activité des contreplaqués et des sciages, dont une partie sera destinée à l’exportation. 

Pendant ces 10 années de création de ces 50.000 ha des plantations, avec les deux opérations qui seront menées, c’est pratiquement 1.000 emplois directs (permanents ou temporaires) qui seront créés dans la zone du Projet. Une partie du Projet consistera à associer l’agriculture locale, notamment la culture  du manioc par le biais du modèle agro-forestier (acacias-manioc).  La production annuelle du manioc va permettre, en gros, de satisfaire les besoins d’une population de 15.000 habitants. Autrement dit, il y aura, localement, de fortes disponibilités en manioc, et également la possibilité pour les paysans, qui sont associés à ces cultures, de pouvoir les commercialiser, afin de se procurer des revenus. 

Les raisons du choix de la zone de la Léfini, évoquées par le DG de FNC 

 

La raison est relativement simple. Elle est, toutefois, complexe, en ce sens qu’il faut des conditions favorables pour réaliser des plantations, dont le but est l’émission des crédits de CO2 et la production du bois de demain, ainsi que des produits agricoles. Donc, il faut aller sur des terres dont le potentiel agronomique et forestier est de qualité. Il faut s’éloigner des zones où il y a de fortes demandes de terres, pour des besoins de populations locales en Agriculture. C’est pour l’une de ces raisons que FNC s’est éloignée de Brazzaville pour s’installer sur les plateaux de la Léfini. 

En fin de compte, c’est parce que le Congo dispose d’une richesse énorme, à savoir : plus de 7 millions d’hectares de savane En effet, ce qui n’était pas une richesse autrefois, est devenu une très grande richesse sur ces surfaces de savane. Sur ces seules formations des plateaux  Batékés, le Projet  va exploiter 70.000 hectares. C’est donc la mise en œuvre de seulement 1% de cette surface-là !

Bien sûr, tout ne sera pas dédié à ce type d’opérations. La raison est que, au Congo, outre le fait qu’on est dans un pays spécialisé dans les plantations forestières (l’activité des plantations forestières  a démarré il y a plus de 50 ans), on dispose de surfaces importantes pour développer ce type de projet.  

 

« En rappel, la promotion des plantations forestières et agro-forestières est assurée au Congo dans le cadre de la mise en œuvre du Programme national d’afforestation et de reboisement ( PRONAR), lancé en 2011 par le président Denis Sassou Nguesso. Il prévoit 200.000 ha de plantations domaniales ( par l’Etat ), 100.000 ha des plantations des particuliers et des communautés villageoises ou petits promoteurs, et 700.000 ha de plantations industrielles par les partenaires privés ou gros promoteurs (comme la FNC)», a indiqué la Ministre Rosalie Matondo.  

 

Service de presse du Ministère des finances 

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